Bizarre? Vous avez dit bizarre? 

Bizarre? Vous avez dit bizarre? 

“Accompagner quelqu’un, c’est se placer ni devant, ni derrière, ni à la place. C’est être à côté.” 

Joseph Templier 


Novembre 2011, Victoria et Alex s’envolent pour leur voyage de noces. Deux ans après leur mariage, enfin, ils prennent le temps. Deux années bien remplies, certes. En 2009, ils se sont mariés puis une jolie Emma est arrivée en grandes pompes dans leur vie. Avec deux mois d’avance, elle a appuyé sur le bouton « couvade fusionnelle prolongée ». Papa et Maman sont donc, depuis, totalement en mode surprotecteurs. Enfin…, surtout Maman. Alex a changé d’entreprise en février 2010 quand Victoria a commencé un nouveau job en septembre 2010. Bref … du changement, du changement et encore du changement. De quoi être bien occupés.

Nous sommes dans l’avion et bizarrement je suis sereine. Pourquoi bizarrement?

Tout d’abord parce qu’à cette époque lorsque je suis sereine c’est suffisamment surprenant pour que ça me paraisse extrêmement bizarre. Vous ne l’avez pas oublié? je suis une névrosée (rires 😂😂) Comme tout le monde me direz-vous n’est-ce pas?

Bref ce n’était pas gagné en montant dans l’avion. Deux jours avant j’étais encore totalement tétanisée à l’idée de laisser mon bébé de deux ans. De prendre l’avion et partir à des milliers de kilomètres tout simplement pour me « la kiffer » avec mon mari. Quelle honte n’est-ce pas ? Oser s’éloigner de sa progéniture juste pour se détendre et profiter? « Sin verguenza! » aurait dit ma grand-mère. Traduction: « sans honte » en espagnol

À cette époque j’avais aussi très mal au dos et de fortes migraines. Et j’avais pris rendez-vous avec un ostéopathe près de chez moi pour ne pas être en vrac en vacances. Il m’avait été conseillé par ma voisine de palier qui m’avait dit  » il est un peu perché, ce n’est pas un ostéopathe tradi mais ça fonctionne ».

Autant vous dire que la flemme l’a emporté sur tout le reste, j’ai donc pris rendez-vous avec M. V parce que c’était hyper pratique. Il était à 200m de chez moi.

La première séance eu lieu 3 semaines avant le départ. Ok il ne m’avait quasiment pas manipulé, il avait utilisé des espèces de lentilles de couleurs qu’il m’avait posés dans le dos. Mais rien d’alarmant. Enfin pas selon mes critères, que l’on soit bien clair.

Et ça semblait marcher car je sortais de la séance complètement HS et le lendemain plus mal au dos.

La seconde eu lieu 5 jours avant le départ pour notre premier voyage en amoureux depuis la naissance d’Emma. J’étais très angoissée, triste, j’avais mal partout et ne me l’expliquais pas. Je ne faisais pas le lien avec notre voyage ou du moins étais-je empêtrée dans mes émotions sans le savoir.

Je pourrais m’arrêter là mais il faut que je vous raconte cette séance d’un autre monde. Ce fut ma première rencontre avec ce que moi j’appelle un « énergéticien ». (Quelques années auparavant j’avais vu in ostheo, « un vrai qui fait craquer », qui m’avait dit  » un jour ce serait intéressant que vous voyez un énergéticien. Le fonctionnement peut paraître un peu étrange mais vous avez de très gros blocages et ce type de technique devrait vous faire du bien »)

A priori M. V devait être ce type de technicien parce que dans le genre étrange, ce jour-là, j’avais gagné le gros lot. Heureusement que je suis hyper « open » sur ces sujets sinon je me sauvais en courant.

Je vous raconte?

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Et si on s’amusait, tout simplement…

Et si on s’amusait, tout simplement…

« Les passions sont les vents qui enflent les voiles du navire, elles le submergent quelquefois, mais sans elles il ne pourrait voguer. » Voltaire

Victoria est une passionnée. Entière, elle ne fait jamais dans la demi-mesure. Elle aime ou elle déteste et c’est ainsi qu’elle vit sa quête.

J’inspire, j’expire, je reprends mon souffle. Tout doucement les battements de mon cœur ralentissent et je finis ma balade sportive tranquillement. Qui a dit que la marche nordique n’était pas du sport ?

La semaine reprend son cours et avec elle mes rendez-vous avec moi-même. Cette semaine j’ai de nouveau prévu une séance d’hypnose.

Assise à mon bureau j’observe mon agenda. Mercredi sport, vendredi hypnose, dimanche course à pied…Je m’occupe, je m’occupe, je m’occupe.

L’hypnose…ça m’aide vraiment, depuis quelques années. Ce n’était pas gagné au départ et pourtant aujourd’hui je suis ravie de cette rencontre.

Cette envie de 2éme enfant m’a vraiment amené sur des chemins improbables.

Revenons un peu sur le contexte. « Quand la voix de la liberté affronte la voix de la sagesse » vous vous souvenez ?

Je voulais reprendre ma vie en mains et continuer à m’amuser dans mon travail. J’avais rendez-vous avec les dirigeants d’une école d’ingénieurs. Je n’avais rien à perdre et tout à gagner.

Accrochée à mon instinct, je rentrais dans le bâtiment. Pas glamour à l’extérieur ! Bon je ne vais pas m’arrêter à ça.

Dès que je rentrais dans les locaux je libérais mon instinct. L’énergie passait bien, les étudiants avaient l’air heureux.

Jusque-là tout va bien.

Je suis reçue par la DRH qui m’accompagne dans une salle de réunion et m’indique que nous attendons les Directeurs de l’établissement avant de commencer l’entretien. Gros coup de cœur pour cette femme chaleureuse, attentive et élégante !

Le duo arrive, un homme, une femme !

On dit que les 30 premières secondes sont décisives lors d’une première rencontre. Il m’en a fallu 3 pour lire en eux. Un binôme complémentaire aussi passionnant que passionné. Joyeux lurons chacun à sa façon et brillants. On aime, ou on déteste. A votre avis, j’ai aimé ou détesté ?

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Quand la voix de la liberté affronte la voix de la sagesse

Quand la voix de la liberté affronte la voix de la sagesse

« Je ne connais qu’une liberté et c’est la liberté de l’esprit »

Antoine de Saint-Exupéry

Victoria réfléchit à son projet de vie. Jeune maman, elle veut rester une femme moderne et être un exemple pour sa fille. Son projet : Etre heureuse. Elle vient de rencontrer un chasseur de tête qui sans le savoir vient de lui « sauver la vie ». En quelques mots, il a ouvert une fenêtre et fait entrer une grande bouffée d’air frais dans cette atmosphère étouffante où elle s’est installée.

Je ressortais donc de ce rendez-vous, galvanisée et paniquée. Les deux en même temps ? Oui c’est possible !

Galvanisée parce que Monsieur Grand me confortait dans l’idée que je n’étais plus à ma place. Il  reconnaissait mon mal-être. Il venait de m’autoriser, en tant qu’expert du recrutement et avec son œil extérieur, à exprimer mon désarroi professionnel. Je ne faisais pas un caprice !

Paniquée parce que je ne savais pas quoi faire de toutes ces informations et de toutes ces qualités et compétences que j’avais en moi, selon lui.

A ce moment-là de ma vie, j’étais parfois dépitée, souvent en colère, vivant dans un sentiment d’injustice profond. Mes croyances reprenaient le dessus. J’avais l’impression, consciente ou inconsciente, à tort ou à raison, que l’on profitait de ma faiblesse de femme. Encore une fois, les hommes avaient le pouvoir.

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Qui suis-je pour juger?

Qui suis-je pour juger?

« Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil? »

La sainte Bible, Mathieu 7:3

Un mois déjà que Victoria a repris le chemin des écoliers. Les journées s’enchainent sans passion. Une première pour celle qui bosse depuis 10 ans avec pour seul leitmotiv: s’amuser. Son métier est son terrain de jeu mais depuis son retour de congé maternité, elle ne s’amuse plus. Ce jour là, elle déambule dans les couloirs de l’école. Elle s’arrête pour échanger avec les jeunes qui préparent leurs examens. Ils sont passionnants avec leurs rêves plein la tête mais le cœur de Victoria appartient désormais à sa fille Emma. Elle réfléchit à sa vie, hors de question d’être prise au piège dans un boulot qui ne lui correspond plus.  La question est: pourquoi?

Vous l’avez compris cette reprise est compliquée. Tiraillée entre ma vie de maman et ma vie de working girl,  je ne retrouve pas ma place dans ce contexte de travail.

Je n’ai pas la confiance de mon N+1, en tout cas je ne la ressens pas.

Je vous disais dans mon précédent article que « Personne ne naît manager mais certains ont des facilités …… ou pas » et j’en ai fait le constat régulièrement dans ma carrière.

Et s’il y a bien autre chose que j’ai identifié, c’est que la communication avec  l’autre est un « art ». Je l’ai malheureusement souvent compris à mes dépens.

Je m’explique.

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Quand Dark Vador nourrit mon côté sombre…

Quand Dark Vador nourrit mon côté sombre…

Un vieil homme veut apprendre à son petit-fils ce qu’est la vie.

« En chacun de nous, il y a un combat intérieur » dit-il au jeune garçon. « C’est un combat jusqu’à la mort et il se tient entre deux loups. »

« Le premier est ténébreux. Il est la colère, l’envie, le chagrin, le regret, l’avidité, l’arrogance, l’apitoiement sur soi-même, la culpabilité, le ressentiment, l’infériorité, la supériorité, les mensonges, la fausse fierté et l’égo. »

« Le second est lumineux. Il est la joie, la paix, l’amour, l’espoir, la sérénité, l’humilité, la gentillesse, la bienveillance, l’empathie, la générosité, la vérité, la compassion et la foi. »

Le petit-fils réfléchit pendant un long moment. Puis, il demande à son grand-père : « Quel est le loup qui gagne ? »

Le vieil homme sourit et lui répond : « Celui que tu nourris. »

Conte traditionnel Cherokee

Paris, avril 2010, Victoria rentre dans les locaux de cette petite école parisienne au 3ème étage d’un immeuble des années 70. Elle est accueillie chaleureusement par ses étudiants et ses collaborateurs. Dans la matinée, les enseignants défilent dans son bureau pour la saluer et la féliciter.

Il est temps de se remettre à l’ouvrage et avec cœur svp. Ben voyons…

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Que la force soit avec moi!

Que la force soit avec moi!

« La féminité n’est pas une incompétence. Elle n’est pas non plus une compétence. »
Françoise Giroud

Victoria a repris le travail. Emma est gardée par une nourrice dans le cadre d’une garde partagée avec une autre petite fille de son âge. Le lieu de travail d’Alex n’est pas très éloigné de leur domicile. En cette période de printemps où les journées sont plus longues, l’adaptation à ce nouveau rythme se fait en douceur. L’envie de continuer ce job va-t-elle pour autant revenir ?

Poursuivre mon aventure professionnelle n’était pas simple. Je vous l’ai dit précédemment, j’avais pris ce poste avec passion et envie. J’aimais manager mon équipe, piloter l’activité. J’adorais être à l’écoute et au service des étudiants. Ce satané besoin d’être sans cesse à l’écoute pour répondre aux attentes de ces personnes qui m’entouraient. Au quotidien nous le traduirons par : être serviable.

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La « rentrée » de maman (part 2)

La « rentrée » de maman (part 2)

« Il n’y a rien de mieux que de retourner dans un endroit qui est resté inchangé pour comprendre à quel point vous avez changé. » Nelson Mandela

6 mois….C’est à la fois très court et très long. 6 mois d’absence depuis que mon médecin m’a arrêté. Loin de mon métier, loin de mes collaborateurs, loin de mes responsabilités et loin de mes responsables, j’ai changé profondément.

Une chose est certaine, tout ceci n’a plus d’intérêt. J’ai toujours aimé mon job et pourtant aujourd’hui je ne veux pas y retourner. Je veux rester chez moi. Je ne veux pas laisser ma fille.

Mais je ne veux pas non plus perdre mon statut de femme indépendante qui a une carrière. Je suis tiraillée. Etre mère, être femme, être tout à la fois pour être, une fois encore, la femme parfaite.

Pas « la conasse » hein ! L’autre J

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Le chemin vers soi

Le chemin vers soi

« Les plus grands philosophes ont de la peine à lire dans le cœur humain, et le plus petit enfant sait lire couramment dans le cœur de sa mère. »
Adolphe d’Houdetot- Dix épines pour une fleur (1853)

La petite famille rentre enfin chez elle. Ils l’ont attendu ce moment où ils seraient enfin tous les trois dans leur foyer. Victoria et Alex sont impatients et à la fois inquiets de se retrouver seuls face à cette nouvelle aventure prénommée Emma.

Le retour

Nous voilà donc à la maison. Installés dans notre nouveau trois pièces en banlieue parisienne, nous allions commencer une nouvelle vie.

Nous prenons nos marques et cherchons notre rythme. Nous sommes fin décembre, je reprendrais le travail en avril. Et oui l’avantage de la prématurité, c’est que vous restez plus longtemps avec votre enfant. Ma vie tourne autour de ma fille. Elle et moi, moi et elle, et de temps en temps son papa.

En tout cas c’est ainsi que je m’en souviens. Alex a été très présent, bien sûr, un vrai papa poule. Mais, avec le recul c’est un peu comme si j’avais continué à couver mon bébé directement dans mes bras.

Emma, ma douce Emma, est minuscule. Elle pourrait tenir dans une main. Elle dort beaucoup, elle continue de grandir hors du ventre de sa maman. Ce n’est pas cool, on n’a pas fini toutes les deux. Je lui en ai voulu à ma petite fille d’être sortie aussi vite. Elle était certainement saoulée d’être dans « cette maison de fou » mais moi je n’avais pas terminé de la fabriquer. Je n’avais pas remplie ma mission jusqu’au bout. Là, je n’avais pas pu être la première de la classe.

Je le sentais au fond de mes tripes, je le vivais intensément, j’avais un goût d’inachevé. J’avais très envie de le crier à la terre entière et de lui dire à elle, ma fille. Mais je n’allais pas commencer notre vie commune par des reproches. De toute façon elle aurait certainement eu son lot de rancœurs à m’envoyer au visage. Elle m’aurait fait sa crise d’adolescence à un mois, la pauvre.

Enfin pas sûr, parce qu’elle avait déjà la douceur et le calme de son papa. Très vite, elle sera surnommée Petit Bouddha ! On ne se moque pas et pas de jeux de mots tordus svp. Oui, d’accord c’était parce qu’elle était sage et sereine mais, AUSSI parce qu’elle a, comme beaucoup de bébé prématuré, vite récupéré son poids. A trois mois elle était toute potelée J

Emma a été un bébé très sage et adorable. Et comme je suis une grande « malade » qui ne s’accorde pas le droit au bonheur, je me demandais souvent comment c’était possible. En effet, comment moi qui, bébé, avait été insupportable…. Ah mais oui je ne vous ai pas dit ? Je suis aussi née prématurée et j’étais un bébé qui ne dormait pas du tout. Enfin il paraît, je n’ai pas beaucoup de souvenirs de cette époque. Surprenant non ? J’en ai fait voir de toutes les couleurs à mes parents et ce toutes les nuits jusqu’à l’arrivée de ma sœur Elsa. J’aimais beaucoup jouer au ballon….la nuit vers 2h du matin. Normal quoi !

Bref, comment moi la vilaine petite fille avais-je pu avoir la chance d’avoir une poupette souriante et dormeuse. La méritais-je vraiment ? Il allait m’arriver une tuile ! C’était sûr ! Vous ne l’avez pas vu venir celle-là !?! Je vous avais prévenu que j’avais des certitudes étranges. J

Mais devenir maman c’est aussi se prendre une grande baffe dans la tronche. LA FONTAINE disait, dans le Lion et le Rat, « On a souvent besoin d’un plus petit que soi ».

J’ai donc une grande nouvelle à vous annoncer! Le plus petit que soi va être votre enfant. Votre enfant va vous renvoyer à vous-même et vous donner quelques leçons bien senties. Ce petit bout de chou ouvre la porte d’un nouveau chemin qu’il faut prendre sans hésiter bien sûr. Toutefois les bagages peuvent parfois être lourds. En tout cas pour des personnes comme moi, qui ne se laissent pas porter, pour qui chaque chose est un sujet, ce ne sont plus des bagages mais bien des boulets.

Je pensais avoir fait une grande introspection en débutant ma thérapie 4 ans plus tôt. Je pensais même avoir fini le travail. Mais, bien sûr ! Nous sommes là pour apprendre les amis. Et c’est une des richesses de la vie sinon LA Richesse. Je n’imaginais pas à quel point.

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Etre Maman, au secours !

Etre Maman, au secours !

« Quand tu as accouché tu as le baby  blues….Johnny, il a le blues! Toi, tu as une dépression post-partum. » Florence Foresti

Victoria et Alex ont « accueilli » dans leur vie leur petite princesse, arrivée avec deux mois d’avance. Les premières semaines sont rythmées par les allers et retours à l’hôpital. Victoria est empêtrée dans ses émotions.

Comme je vous l’ai déjà dit, rencontrer ma fille fut un raz de marée d’émotions. Toutes les deux, dans un peau à peau quotidien, en osmose dans notre bulle, nous faisions connaissance. Quelques jours après l’accouchement, je me mis à pleurer. Il paraît  que c’est normal. Le médecin me dit : « à J+2 (soit 2 jours après l’accouchement), le taux d’hormones  chute ce qui explique que toutes les mamans sont envahies par les larmes. » C’est cool, je rentre dans la case du J+2. Même dans ces moments là, je suis la première de la classe J Il a juste oublié de me dire que ce ne serait pas quelques « larmichettes » mais bien un torrent d’eau qui sortirait de mes yeux.

Impossible de gérer, parce qu’aux larmes se sont rajoutées la peur et l’angoisse. Vous l’avez compris, chez moi, c’est le trio gagnant : angoisse, peur et larmes. Et là, c’est  le jackpot, elles sont bien installées et tournent en boucle dans mon corps et dans ma tête.

Entourée de médecins, d’infirmières, j’ai le tournis. Je vis à leur rythme dans la chambre d’hôpital de mon bébé. Je suis là sans être là. Je suis en permanence en blouse, avec un masque. Chaque fois que je la prends, je me lave les mains avec le gel hydroalcoolique. Ça devient obsessionnel.

J’ai peur que tout s’arrête. Les médecins ne cessent de me rassurer, de s’occuper de ma fille. Une naissance est déjà un grand changement dans la vie d’une maman, me disent-ils, mais une naissance prématurée est encore plus « violente ». Tu m’étonnes ! Dire qu’on ne m’avait pas prévenu.

Elle est toute petite, elle a l’air si fragile.

Il faut dire aussi que pour « la traumatisée de la vie » que je suis c’est plutôt chaotique. Dans les heures qui ont suivi sa naissance, les médecins lui ont rasé la tête pour mettre une perfusion car les veines de ses mains étaient trop petites. Elle fut ensuite installée sous une lumière bleue à cause de la jaunisse. Autant vous dire qu’on se croyait chez les martiens. C’était assez étrange de rentrer dans la chambre de la petite et la voir dans sa couveuse avec des « lunettes de soleil » sous une lumière bleue, avec pour tout vêtement une couche.

Mais on s’habitue. Je vous rappelle que nous étions très seuls tous les 3. Personne ne pouvait entrer dans le service de néonatologie donc pas de visite. Du coup, difficile de se faire des blagues, dans ces contextes vous tournez beaucoup en boucle. Personnellement, j’avais du mal à faire preuve de légèreté.

Au bout de 4 jours, je rentrais à la maison, sans ma puce.  Quelle angoisse ! Je rentrais en larmes. Furieux, mon mari me rappela à l’ordre avec son calme habituel mais avec des mots bien choisis.

Mon gentil amoureux, qui me ménageait toujours, qui me protégeait, qui me chouchoutait ! Le voilà qui me criait dessus ! Bon, relativisons, il n’a pas trop la voix qui porte. M’enfin quand même, il me dit sèchement : « on vit le plus grand bonheur du monde et toi tu pleures !! Tu ne sais pas être heureuse ! » ET VLAN !

Quoi ? Comment pouvait-il me parler comme ça ? Moi qui souffrais? Moi qui avais peur ? Moi qui n’avais pas réussi à garder mon bébé jusqu’au bout dans mon ventre ? Moi qui ne savais pas quoi faire pour être une bonne maman ? Comment osait-il cet Homme qui ne comprenait rien aux problèmes de femme ? Je lui en voulais beaucoup, quel culot !

Si pendant 24h j’eus envie de l’étriper. Ma lucidité, au milieu de ce débordement hormonal, remonta à la surface et je me calmais. Il avait raison, tout allait bien et les médecins étaient rassurants. Il fallait vraiment que j’arrête de me regarder le nombril et de voir tout en noir.

Elle avait un poids correct, voire bon pour une prématurée, elle était sous surveillance permanente. Notre petite fille était née, elle était magnifique, douce comme un nuage et sage comme une image. (Ben quoi c’est ma fille, je suis très objective je vous assure).

Évidemment c’est toujours plus facile à dire qu’à intégrer mais je me gérais du mieux que je pouvais.

Je commençais donc à me calmer. On nous annonça que notre fille n’avait pas besoin d’être dans un service de niveau 3. Nous devions donc changer d’hôpital. Elle continuerait à être en couveuse mais il fallait laisser la place pour des cas plus grave.

Au secours, encore un changement ? Je ne veux pas quitter cet endroit. Rien à cirer des cas plus graves ! Rebelote les « sanglots », la peur et l’angoisse. Je me suis toutefois de nouveau détachée de mon nombril car il ne fallait pas pousser. Je voyais bien dans les chambres à côté ce que pouvait être des cas plus graves. Et puis de toute façon, je n’avais pas le choix.

Je vais vous passer les détails parce que nos aventures durèrent 5 semaines avant que notre princesse d’amour ne rentre à la maison. C’était un 24 décembre. Joli cadeau de Noel, non ?

Oui ce fut 5 longues semaines. Mais aujourd’hui, bien que je sois convaincue qu’en vieillissant  nous avons moins de certitudes, j’en ai encore quelques  unes dont les suivantes :

  • Il y a toujours un mal pour un bien
  • Rien n’arrive pour rien. A nous de savoir tirer les leçons qui s’imposent et profiter des rencontres que nous faisons.

C’est pourquoi j’ai envie de vous dire, qu’avant toute chose, ce fut 5 semaines de rencontres avec des personnes extraordinaires. Patientes, généreuses, elles m’accompagnaient et me rassuraient au quotidien. Elles ne savent pas à quel point leurs paroles résonnent encore parfois dans ma vie.

En restant toutes ces journées avec elles, j’ai appris à m’occuper de ma fille. La baigner, la sécher, la moucher, la changer, j’étais parée lorsque je rentrais à la maison.

Mais aussi à prendre du recul, ils me mirent dehors plus d’une fois afin que j’aille me reposer, respirer, passer du temps avec mon mari.

Je vous l’ai dit, nous passions des heures et des heures à faire du peau à peau. J’étais seule avec elle, interrompues uniquement par ces professionnels de la santé et du bien-être.

Alex travaillait. Ma mère s’occupait de mon père qui était en convalescence.

Et les autres ? Ils avaient leur vie ! Leur travail, leurs enfants, leurs soucis. Personne ne pouvait accéder à la chambre de la petite. Si on ne peut pas voir le bébé, finalement quelle importance les parents, non ? Je vous rassure, il n’y a aucune amertume dans mes propos. Mais je crois qu’il est important de souligner la solitude des parents d’enfants prématurés. Surtout à Paris bien-sûr où les gens sont absorbés par le rythme infernal de leur vie et stoppé dans leur élan par les distances et les embouteillages.

Pour revenir à ma poupée et à ces 5 semaines d’hôpital, je lui racontais notre vie : la rencontre avec son papa, la demande en mariage. Je lui parlais de notre famille et lui chantais des chansons. Bref j’étais dans ma bulle, en sécurité avec tout le corps médical qui répondait à mes questions.

Le soir, je rentrais chez moi le cœur gros car je n’avais pas le droit de dormir sur place. Mais ne nous leurrons pas, c’est ce qui m’a permis de me « reposer » au moins la nuit. Oui je rentrais à 22h et appelais l’hôpital vers 2h du matin. Non je ne dormais pas d’un sommeil serein. Mais je pouvais dormir 6h consécutives ce qui est un luxe pour une jeune maman.

Mais lorsque l’on nous annonça que nous allions rentrer à la maison, même le papa faisait moins le malin. Héhéhé. Nous allions nous retrouver tous les trois et pas de machines pour surveiller, pas d’infirmière pour nous conseiller.

Premier enfant, première folie ! Alex commandait sur internet des litres de gel hydroalcoolique et des masques. Hors de question que qui que ce soit touche notre joyau sans s’être nettoyé de la tête aux pieds et qui plus est masqué J Je vous ai dit que nous étions dingues de notre fille non ?

Tellement angoissés de rentrer à la maison, et de la transporter en voiture, nous avons roulé à 10 à l’heure jusque chez nous. Heureusement nous étions à 3Km. Je vous laisse toutefois calculer le temps que nous avons mis pour arriver.

Au secours je suis maman !! Au secours, vais-je être comme ma mère ?

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Le courage de ses peurs

Le courage de ses peurs

« J’ai appris que le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre. » Nelson Mandela

Nous sommes en 2004, Victoria décide de poursuivre sa thérapie avec le Dr Rocat. Elle enchaîne les rendez-vous et chaque  séance apporte son lot de remises en question. Lentement elle fait son chemin.

Je suis assidue et sérieuse mais ça vous l’aviez compris n’est-ce pas ? Je suis « La voix de la sagesse » ce qui implique que j’ai le syndrome de la première de la classe. Je veux être parfaite même en tant que patiente. Je suis donc une patiente modèle.

Toutes les semaines, je me rends au cabinet du Dr ROCAT où je déballe ma vie. Mon enfance au Maroc, mon arrivée à Paris, ma vie d’étudiante, je n’ai pas de secret pour cette étrangère. Je me libère et parle avec elle comme je ne le fais jamais avec personne. Je découvre ainsi que, si je sais écouter, je n’ai jamais vraiment dévoilé mon cœur. Je n’ai jamais posé un genou à terre et libéré ma parole. Dans cet endroit feutré, qui semble garder tous les secrets, je baisse enfin la garde et délivre mon cœur de mes angoisses.

Elle pose des questions, je réponds. Elle oriente ma réflexion et m’amène systématiquement à rechercher les réponses en moi. Et comme je vous l’ai dit dans « Quand débute la thérapie » elles sont là. Encore faut-il que j’accepte de voir la vérité en face : MA vérité.

Au cours de nos échanges je découvre la signification de deux mots très liés. Des mots que nous utilisons, chaque jour, sans nous rendre compte de leur impact sur notre fonctionnement et celui de notre entourage.

LA PEUR vs LE COURAGE

Pourquoi la peur ? Tout le monde sait ce qu’est la peur n’est-ce pas ? Je ne vais quand même pas vous définir ce mot aujourd’hui ! Et pourtant il a fallu que le Dr ROCAT le fasse. Évidemment, elle n’est pas allée me chercher le Larousse et fait la lecture.

Pourquoi le courage? Parce que « A cœur vaillant rien d’impossible » et moi je n’ai peur de rien, je suis un valeureux guerrier version féminine.

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